Le lexique LSQ de l'astronomie

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Année de début: 
2017
Année de fin: 
2020
     
Résumé

Les langues naturelles, orales ou visuo-spatiales, utilisent divers procédés pour la création de nouveaux mots (néologismes), dont l’emprunt, la dérivation et la composition. Ces procédés sont pour la plupart motivés au sein de la structure linguistique (Lakoff, 1987). Pour être conservé, un néologisme doit respecter la structure de la langue qui l’accueille de même que les a priori sociaux des locuteurs de cette langue (Loubier, 2011). Bien qu’il existe peu de travaux sur les néologismes dans les langues des signes, nous savons que leur lexique est régi par des règles morphophonologiques (Stokoe, 2005) et sémantiques (Dubuisson et al., 2000), et qu’il existe de la variation en raison de facteurs sociaux comme l’âge (Parisot et Rinfret, 2017), le sexe (Dubuisson et Grimard, 2006), la scolarisation (Luna et Parisot, 2016) et la provenance géographique (Lucas et al., 2003). La modalité gestuelle permet l’illustration plus directe du lien entre la forme d’un référent et la forme du signe linguistique, entre autres par l’iconicité. Cette propriété est fortement exploitée sur le plan lexical et, bien que ce lien ne soit pas toujours transparent, il est presque toujours présent. Si la forme est considérée iconique, le choix de l’élément représenté reste cependant arbitraire, répondant ainsi au critère de l’arbitraire du signe linguistique proposé par de Saussure (1971). Aucune étude à notre connaissance n’a vérifié dans quelle mesure les caractéristiques morphophonologiques et le type de motivation lexicale ont une incidence sur l’acceptabilité des néologismes par les locuteurs de la langue des signes québécoise (LSQ).
Ce projet de recherche comporte trois objectifs, soit 1) analyser les éléments sublexicaux utilisés pour la création de néologismes en LSQ (caractéristiques phonologiques, morphologiques et sémantiques des néologismes),  2) décrire les procédés linguistiques privilégiés dans une démarche de création lexicale en LSQ (dérivation, composition, etc.), et 3) évaluer le jugement d’acceptabilité des néologismes dans la communauté sourde montréalaise ayant la LSQ pour langue de référence.
En se basant sur la description morphophonologique et sémantique des néologismes et sur les données du jugement d’acceptabilité des locuteurs de la LSQ, cette recherche vise à répondre aux questions : Quels sont les paramètres linguistiques pris en considération lors de la création lexicale en LSQ? En quoi ces paramètres interviennent-ils dans l’acceptatibilité des néologismes par les locuteurs de cette langue?
 
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